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Passage de frontière III
Amérique du Sud

28 octobre 2020 10:29   Par Safarilogo

Pour faire suite aux articles Passage de frontière I et Passage de frontière II que j'avais écrit il y a quelque temps, je vous propose cette fois de nous rendre en Amérique du Sud. Les frontières sud-américaines sont certainement celles que j'ai le plus appréciées dans tous mes voyages, de par leur parfum d'aventure et la beauté de leur paysage. Chacune aurait mérité de figurer dans cet article, mais comme je dois me limiter, je n'en citerai que quatre. Et comme souvent une image vaut mieux qu'un long discours vous trouverez également dans cet article plus de photos qu'à l'accoutumée réunies dans le diaporama ci-dessous.

Le «bouchon de Darién» entre le Panama et la Colombie reste le dernier maillon inachevé de la route panaméricaine.
Arrivée en avion à Puerto Obaldía, Panama.
Photo © by Carlos Adampol Galindo (CC BY-SA 2.0)
Arrivée au petit port de Capurganá, Colombie.
Photo © by P. Sutermeister (CC BY-SA 4.0)
Traversée du pont à Desaguadero depuis le côté péruvien.
Photo © by erin longstocking (CC BY-NC-ND 2.0)
Le lac Chungara avec en arrière-plan le volcan Parinacota.
Photo © by mtchm (CC BY-NC-ND 2.0)
Les chutes d'Iguazú à la frontière entre le Brésil et l'Argentine comptent parmi les plus impressionnantes au monde.

La route panaméricaine est un réseau de routes traversant l'ensemble du continent américain depuis le nord de l'Alaska jusqu'au sud de l'Argentine sur un total d'environ 30'000 km. Elle parcourt tout le continent du Nord au Sud à l'exception d'une zone d'environ 100 km situé en plein cœur d'une jungle marécageuse entre le Panama (dans la province de Darién) et le nord-ouest de la Colombie, formant ce que l'on appelle le «bouchon de Darién». Selon le Livre Guinness des records, la Panaméricaine serait la plus longue «route carrossable» du monde. Cependant, en raison du tronçon manquant, il n'est pas possible de traverser entre l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud avec des véhicules. La seule façon de traverser cette région est par voie aérienne ou maritime.

Puerto Obaldía (Panama) - Capurganá (Colombie)  La route maritime principale reliant le Panama à la Colombie s'effectue généralement par un voyage en ferry coûteux de plusieurs jours entre un des ports de la région de San Blas au Panama jusqu'à la ville colombienne de Carthagène. Mais il existe une autre voie beaucoup moins empruntée et nettement plus agréable qui consiste à prendre un petit avion à hélices depuis la capitale Panama City jusqu'au village côtier de Puerto Obaldía situé à la frontière avec la Colombie. Toute cette zone des Caraïbes ne peut pas être atteinte par voie terrestre. De là, des canots à moteur amènent donc les gens de l'autre côté de la frontière jusqu'au petit village de Capurganá. À Capurganá, il n'y a pas non plus de véhicules. Ce village très fréquenté par les touristes colombiens venus ici pour se détendre est connu pour ses baies tranquilles entourées par une forêt tropicale dense et ses nombreux sites de plongée. Pour partir de cette région isolée du reste de la Colombie, il ne vous restera plus qu'à prendre une des nombreuses navettes rapides pour relier la ville côtière de Turbo. Turbo se trouve près de la pointe sud-est du bouchon de Darién et est le terminus nord de la Panaméricaine en Amérique du Sud.

Desaguadero (Pérou / Bolivie)  La localité de Desaguadero située sur la rive sud du lac Titicaca à 3827 m d'altitude a été bâtie sur les deux rives de la rivière du même nom. Cette rivière sert de frontière naturelle entre le Pérou et la Bolivie. Un pont international relie les deux parties de la ville, avec un poste-frontière de chaque côté. Les gens de la région appellent d'ailleurs leur ville «Chakamarka» en langue quechua et «Huchusuma» en langue aymara, ce qui veut dire ville-pont. En raison de son emplacement, Desaguadero est devenue un centre actif d'échanges commerciaux, mais aussi de route principale pour les trafiquants qui expédient la cocaïne fabriquée au Pérou en Bolivie, et plus loin jusqu'en Argentine et au Brésil. Il est vrai que la ville ressemble à un immense marché ouvert grouillant de gens allant et venant des deux côtés du pont en transportant toute sorte de cargaisons douteuses. En voyant cela, on se dit qu'il ne doit pas être bien difficile pour quelqu'un de passer de la marchandise illicite à la barbe des douaniers.

Tambo Quemado (Bolivie) - Chungara (Chili)  Ce point de passage situé à 4680 m d'altitude dans la cordillère occidentale des Andes est l'un des principaux poste-frontière entre les deux pays, car il relie la capitale économique bolivienne La Paz au port maritime chilien le plus proche, Arica. En effet, la Bolivie est l'un des deux seuls pays d'Amérique du Sud à ne pas avoir d'accès direct à l'océan. Les paysages au sommet du col sont absolument magnifiques. Le lac Chungara situé à quelques kilomètres de la frontière est un des lacs les plus hauts du monde à 4571 m d'altitude. Il est possible de voir des flamants roses qui y vivent malgré le froid nocturne. Le lac est surplombé par le volcan Parinacota qui culmine quant à lui à 6348 m d'altitude.

Puerto Iguazú (Argentine) - Foz do Iguaçu (Brésil)  La ville de Puerto Iguazú à l'extrême nord de l'Argentine et sa sœur brésilienne Foz do Iguaçu sont situées de part et d'autre du fleuve Iguazú. La communication entre les deux villes se fait par un pont appelé «Pont international de la Fraternité». A quelques kilomètres de là, les chutes d'Iguazú situées au milieu de la forêt tropicale sont une merveille naturelle inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Iguazú vient du guarani «y» (eau) et «guasu» (grand), littéralement «les grandes eaux». Il ne s'agit en fait pas d'une seule chute, mais d'un ensemble de 275 cascades s'étendant sur environ 3 km. La plus haute d'entre elles atteint les 80 m de hauteur. On l'appelle la «Garganta del Diablo» en espagnol ou «Garganta do Diabo» en portugais (gorge du Diable). L'ensemble des cascades déverse jusqu'à six millions de litres d'eau (soit six mille tonnes) par seconde.

Histoire du logo Ferrari

2 septembre 2020 15:09   Par Safarilogo

S'il y a bien un logo issu de l'univers automobile qui est mondialement connu, c'est bien celui de Ferrari. Au point même où l'on ne peut aujourd'hui prononcer le nom de la célèbre marque de Maranello sans penser à ce cheval cabré sur fond jaune. L'histoire du «Cavallino Rampante» est très ancienne et existait bien avant l'apparition de la société automobile. Effectuons ensemble une petite plongée dans l'Histoire pour voir comment ce logo mythique fut créé.

C'est en 1923, après avoir remporté en tant que pilote le Grand Prix du circuit de Savio qu'Enzo Ferrari fait la connaissance du comte Enrico Baracca et de son épouse, la comtesse Paolina. Enrico et Paolina sont les parents de Francesco Baracca, le meilleur pilote de chasse italien de la Première Guerre mondiale, véritable héros aux yeux des Italiens. Mort au combat le 19 juin 1918 après 34 duels aériens, il arborait sur le fuselage de son avion un cheval noir qui était le symbole figurant sur les armoiries de la famille Baracca. Enzo Ferrari raconte le 3 juillet 1985 lors d'une interview ce qu'il s'est passé ensuite: «En '23, j'ai rencontré le comte Enrico Baracca, le père du héros, puis sa mère, la comtesse Paolina. C'est elle qui m'a dit un jour: «Ferrari, mettez sur vos machines le «Cavallino Rampante» de mon fils. Cela vous portera chance!». Le cheval était, et est toujours, noir, et j'ai ajouté le fond jaune canari qui est la couleur de Modène [lieu de naissance d'Enzo Ferrari]».

L'emblème de Ferrari est un écusson d'or au cheval rampant de sable, où apparaissent les lettres S et F pour «Scuderia Ferrari», surmonté du drapeau italien vert-blanc-rouge. Il est intéressant de constater comme le logo a peu évolué au fil des ans, profitant seulement de quelques petites retouches visant à le moderniser et à le rendre plus élégant et rutilant. Quoi qu'il en soit, il est possible de dire aujourd'hui que le logo Ferrari compte parmi les plus emblématiques logos de tous les temps.

Kayayei

1er juillet 2020 09:11   Par Safarilogo

Une des premières choses qui frappent lorsque l'on voyage en Asie ou en Afrique, c'est qu'une grande partie de la vie quotidienne des gens se déroule au bord de la route, dans la rue. Ça fourmille partout non seulement toute la journée, mais aussi souvent une bonne partie de la nuit. Vous pouvez voir toutes sortes de vendeurs et d'artisans, des gens qui se parlent, qui font des transactions ou qui dorment; des gens qui essaient de trouver un taxi ou qui déplacent simplement leurs marchandises d'un point A à un point B, même sur de très longues distances, le plus souvent sans chariot ni véhicule, portant leur fardeau sur leur dos ou leurs épaules en s'aidant de sangles, mais aussi et souvent en portant la charge en équilibre sur leur tête.

Porter des fardeaux sur la tête est une technique pratiquée depuis des millénaires dans toutes les régions du monde, mais tout particulièrement en Asie, en Afrique et, dans une moindre mesure, en Amérique latine. Il existe également de bonnes preuves que dans les sociétés rurales de l'Europe pré-industrielle, les gens portaient des charges lourdes de cette façon, mais cela a largement cessé au milieu du XIXe siècle. Curieusement, on voit beaucoup plus de femmes que d'hommes pratiquer cet art. En Afrique, par exemple, vous pouvez trouver partout des femmes portant des choses très lourdes sur la tête pour faire le travail quotidien. Peut-être parce que cette manière de porter est bien adaptée au terrain accidenté et rural et aux objets particuliers qu'elles portent, comme des seaux d'eau ou des bottes de bois de chauffage. Une simple longueur de tissu roulé en forme d'anneau et posé sur la tête (voir photo) est nécessaire pour transporter presque sans effort des charges impressionnantes. Au Ghana, il existe même des femmes louant leurs services comme porteuses que l'on appelle «kayayei» qui peuvent porter jusqu'à 70% de leur propre poids corporel en équilibre sur le dessus de leur tête. Le terme «kayayei» est formé de deux mots issus de deux différentes langues parlées au Ghana: «kaya» signifie charge, bagage, marchandise ou fardeau en langue hausa, et «yei» signifie femmes en langue gã.

Certains chercheurs ayant étudié le sujet ont remarqué que porter un poids sur la tête produit sur la personne un effet de centrage et de mise à terre. Le sentiment semble aider l'esprit à rester engagé et présent avec le physique, et est assez apaisant. Etant obligé de rester constamment attentif aux sensations du corps et au sens de l'équilibre, cette pratique aide à réduire la réflexion excessive et le bruit de fond dans l'esprit. Porter un poids important sur la tête nécessite également de bien aligner les os et les articulations. La partie difficile de la manœuvre est de mettre la charge sur la tête. Une fois fait, tout se résume à un seul mot: équilibre.

Passage de frontière II
Amérique du Nord et Amérique centrale

5 mai 2020 13:08   Par Safarilogo

En cette période de pandémie, de nombreux pays ont fermé leur frontière. Le Bénin, pays où je me trouve en ce moment, à lui aussi fermé tous ses points d'entrée avec ses voisins. Je suis condamné à attendre que la situation se débloque. C'est l'occasion de donner suite aujourd'hui à un article que j'avais consacré l'année dernière à mes passages de frontière préférés. Pour ce deuxième article, rendons-nous en Amérique.

C'est en Amérique que l'on trouve la frontière la plus empruntée du monde, celle entre les Etats-Unis et le Mexique. Cette frontière mesure 3150 km, et va de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. Ses 48 postes-frontières totalisent environ 350 millions de passages par an. Elle fait l'objet d'une surveillance importante de la part des Etats-Unis qui cherchent à limiter l'immigration illégale (le nombre d'illégaux vivants aux Etats-Unis serait estimé à plus de 10 millions) ainsi que le trafic de drogue. Sur environ un tiers de sa longueur, elle est aujourd'hui ainsi fermée par un mur fait de cylindres d'acier de 8 mètres de haut. La construction commença en 2006 et aurait limité de 25% l'immigration mexicaine. Cependant, certains trafiquants ingénieux parviennent à franchir la barrière grâce à des tunnels souterrains (il y en aurait plus de 200 selon les experts) ou font passer la marchandise par-dessus le mur à l'aide de canons, de catapultes ou de drones. Les passeurs quant à eux tentent de traverser la frontière à pied en passant par les immenses étendues désertiques de l'Arizona, parfois au prix de leur vie. J'ai franchi cette frontière entre San Diego (Etats-Unis) et Tijuana (Mexique) situés sur la côte pacifique, dans cette magnifique région qu'est la Californie. Avec les 34 guérites que compte le poste-frontière (photo 1), il est le plus grand que j'ai jamais traversé.

Paradoxalement, un des plus petits postes-frontières que j'ai traversés au cours de mon voyage se trouve lui aussi au Mexique, celui de Frontera Corozal. Frontera Corozal est une localité située dans la jungle de Lacandon sur les rives du fleuve Usumacinta. En tant que point de passage de frontière aquatique (il n'y a pas de pont sur la rivière), des pirogues à moteur amènent les gens de l'autre côté du fleuve jusqu'au petit village de La Tecnica, au Guatemala (photo 2). Ce poste frontalier ne voit que rarement passer plus de 100 personnes par jour. J'ai surtout apprécié cet endroit pour la beauté du fleuve, de la forêt tropicale et de la faune que j'ai pu y voir: iguanes, caméléons, crocodiles, singes hurleurs… Ces singes figurent parmi les plus grands d'Amérique, mesurant de 50 à 70 cm. Appelés ainsi pour leur hurlement puissant et très particulier (l'un des dix plus forts parmi tous les animaux de la planète), ils peuvent être entendus jusqu'à cinq kilomètres à la ronde.

Un poste-frontière qui ressemble beaucoup à celui de Frontera Corozal est celui de Leimus. La localité de Leimus se situe de part et d'autre du fleuve Rio Coco servant de frontière naturelle entre le Honduras et le Nicaragua, en plein cœur de la région de La Mosquitia. La Mosquitia est la plus grande zone sauvage d'Amérique centrale. Elle est accessible presque uniquement par voie d'eau et d'air et reste encore en grande partie inexplorée. Elle se compose de mangroves, de lagunes, de rivières, de savanes et de forêts tropicales humides. On appelle parfois la Mosquitia la petite Amazonie d'Amérique centrale. Il faut plusieurs jours de pirogues à moteur et de 4x4 pour la traverser et rejoindre le petit poste-frontière de Leimus, mais cela en vaut la chandelle. Même si j'ai certainement vu moins du 1% de cette région, elle est la plus sauvage et la moins développée que j'ai jamais traversée.

Une plante africaine détectrice de diamants

14 mars 2020 13:15   Par Safarilogo
Photo: © Marco Schmidt

Voilà 6 mois que je voyage en Afrique de l'Ouest. Economiquement parlant, cette région est une des régions les plus pauvres du monde. La majorité des pays qui la compose sont, en dehors de leur capitale, très peu développés. Mais paradoxalement, ces pays possèdent des sols très riches en minéraux tels que l'or et le diamant. C'est d'ailleurs en Sierra Leone que l'on trouve la meilleure qualité de diamant au monde. De nombreux Africains vivent de la vente de diamants. Malheureusement, et malgré les contrôles des sociétés minières et du gouvernement, le principal fléau de ce secteur est la contrebande. Un grand nombre de mineurs illégaux opèrent en dehors des circuits commerciaux officiels et sont souvent forcés de vendre leurs pierres précieuses à des prix artificiels extrêmement bas, car les pierres dont l'origine n'est pas transparente sont interdites sur les marchés internationaux.

Mais si j'ai décidé aujourd'hui de vous parler de diamants, c'est surtout pour vous faire part de la découverte surprenante qu'a fait l'américain Stephen Haggerty en 2013 lorsqu'il se trouvait au Libéria. Ce géologue a découvert la spécificité pour le moins étonnante d'une plante de la région, le pandanus candelabrum (que l'on pourrait traduire par «arbre chandelier»), qui aurait l'incroyable vertu de signaler la présence de diamants dans le sol. Cette dernière aurait en effet la particularité de ne pousser qu'au-dessus de cheminées de kimberlite, une roche volcanique dont l'une des propriétés connues est justement de contenir des diamants. Selon le scientifique, cette roche serait le sol idéal pour cette plante qui croîtrait presque uniquement sur ce terrain. D'autres plantes sont déjà connues pour détecter des minerais, comme le lychnis des Alpes qui signale souvent la présence de cuivre, l'amorphe blanchâtre qui indique assurément la présence de plomb (on l'appelle d'ailleurs en anglais «leadplant» qui veut dire «plante à plomb»), ou encore l'astragale de Patterson qui ne pousse que là où le sol contient de l'uranium. Il existe des dizaines d'autres exemples mais le pandanus candelabrum est la première plante connue liée aux zones diamantifères.

Toutefois, avant de partir à la recherche d'arbres chandeliers dans votre jardin, vous devez savoir que la plante indicatrice ne pousse qu'en Afrique, et d'ailleurs seulement dans les zones tropicales humides du centre du continent. De plus, même si le chandelier indique assurément la présence de kimberlite (car il ne pousse jamais dans d'autres types de sol), il faut savoir que sur 6000 zones à kimberlite, environ 600 contiennent des diamants, et seulement 60 sont suffisamment riches en gemmes de qualité pour justifier l'ouverture d'une mine. Quoi qu'il en soit, ce drôle de petit palmier pourrait bien à l'avenir être à l'origine de quelques vocations de chasseurs de diamants. Si vous souhaitez en savoir plus sur la recherche de diamants et la prospection en général, je vous invite à lire le blog Wild River Diamonds où vous trouverez plein d'infos et d'astuces sur le sujet.

Divina proportione

17 janvier 2020 20:35   Par Safarilogo

La conception d'une police de caractères reste l'une des tâches les plus difficiles du domaine des arts graphique. Le dessin de chaque lettre (appelé glyphe) nécessite beaucoup de travail et d'adaptation afin qu'au final chaque glyphe dessiné soit graphiquement en harmonie avec les autres, quel que soit l'ordre ou la séquence. Depuis très longtemps, des artistes issus de tous les domaines ont marqué de leur sceau l'histoire des caractères, même les plus grands génies comme Luca Pacioli et Léonard de Vinci.

Luca Bartolomes Pacioli, dit Luca di Borgo, est un moine franciscain né en 1445 dans la région d'Assise, en Italie. Il est connu notamment pour avoir écrit le livre «De divina proportione» (De la proportion divine). Ce livre fut illustré par son ami Léonard de Vinci. Son sujet principal est la proportion mathématique (le titre renvoie au nombre d'or) et son application en géométrie, dans les arts et en architecture, mais il comprend également le résultat des recherches de Pacioli sur l'équilibre et l'harmonie dans les formes des lettres de l'alphabet. Le dessin de ces lettres est basé sur la proportion 1:9, un système lié au corps humain dont la hauteur correspond à 9 fois la taille de la tête. Pacioli consacre 22 planches au sujet, incluant les glyphes de A à Y. Les lettres J, U, W et Z manquent car ces lettres n'étaient pas utilisées dans l'alphabet de l'époque, elles ne sont apparues que beaucoup plus tard. Vous trouverez ci-contre une reproduction des très beaux caractères de Pacioli incluant le tracé des traits de construction d'origine.