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Plazas de armas

7 novembre 2018 14:21   Par Safarilogo

L'Amérique latine est constituée d'environ vingt pays. Il existe des similitudes importantes entre ces pays car ils ont été colonisés par les Espagnols et les Portugais principalement, et partagent donc un grand nombre d'expressions culturelles communes comme la musique, les arts, la religion ou l'architecture. Parmi toutes ces similitudes, une des plus caractéristiques est sans doute la physionomie de leurs villes. À partir du XVIe siècle, les conquérants ont commencé à construire et à planifier des villes conformément aux lois prescrites par les monarques et furent conçues de manière militaire, sur un plan de grille en damier tiré du castrum romain. Au cœur de la ville se trouvait une place centrale de forme carrée, appelée «Plaza de armas» (place d'armes), avec autour l'église principale, le bâtiment du conseil municipal et d'autres structures d'importance culturelle, religieuse ou politique. Les rues se prolongeaient ensuite depuis la place centrale, rectilignes et se croisant à angle droit tous les 100 m environ, donnant naissance à des «blocs» et à une grille quadrillée qui pouvait s'étendre à mesure que la ville grandissait.

Cette place centrale est vraiment un élément typique commun à toute l'Amérique hispanique encore de nos jours, de la Californie au détroit de Magellan. Dans les villes modernes comme dans les plus petits villages des régions les plus isolées, on retrouve ce même agencement. Le nom de «Plaza de armas» provient du fait que cet endroit était le refuge en cas d'attaque de la ville à partir de laquelle des armes étaient fournies aux défenseurs, mais elle peut revêtir d'autres noms selon les régions: dans la région centrale du Mexique cet espace est connu sous le nom de «Zócalo», et en Amérique centrale sous le nom de «Parque central», «Plaza principal» ou encore «Plaza mayor». Les places les plus belles et les plus impressionnantes que j'ai vues jusqu'à présent se trouvent en Equateur et comme ici au Pérou, dans la ville d'Arequipa (photo).

Le bonhomme Michelin: icône planétaire

14 septembre 2018 14:51   Par Safarilogo

Le bonhomme Michelin, aussi appelé «Bibendum», est la mascotte de la célèbre marque du manufacturier français de pneumatiques Michelin. C'est un des icônes les plus connus au monde. Voici son histoire.

Tout a commencé lors de l'Exposition universelle de Lyon en 1894 où se trouvait le stand des frères André et Edouard Michelin. Une pile de pneumatiques en signale l'entrée. A sa vue, Edouard s'exclame: «Regarde! Avec des bras en plus, cela ferait vraiment un bonhomme!». Quatre ans plus tard, les industriels font appel au dessinateur Marius Rossillon, plus connu sous le pseudonyme de O'Galop. L'artiste vient de terminer un projet publicitaire pour une brasserie de Munich et présente aux frères Michelin un poster rejeté par la brasserie représentant Gambrinus (un roi mythique de Flandre connu comme le créateur de la bière) tenant dans sa main un grand verre. Le slogan était «Nunc est bibendum!» (C'est maintenant qu'il faut boire!). Ce buveur rappelle à Edouard la tour de pneus de l'exposition. Inspirés par ce tableau, les frères demandent à l'artiste de remplacer le personnage par un bonhomme fait de pneus et de mettre du verre cassé dans le verre à la place de la bière (en lien avec la durabilité des pneus Michelin qui ne sont pas sensibles à la crevaison). La phrase latine est conservée et le slogan de la maison est ajouté: «Le pneu Michelin boit l'obstacle!». Bibendum (car c'est comme cela que fut surnommé le bonhomme) était né!

Sa notoriété ne tarde pas à franchir les frontières. Il sillonne les routes du monde pour rencontrer de nouveaux clients et faire connaître la marque. Pas un continent ne lui échappe. Dès les années 1920, sa renommée est planétaire. À partir de 1927, son effigie est partout: chez les garagistes, dans les voitures, les maisons, les guides touristiques et même sous forme de chocolat pour les enfants. Son apparence évoluera considérablement au cours du temps et des modes graphiques et sera l'objet de nombreuses métamorphoses. Il est également mis en scène sous de multiples formes: sur un vélo du Tour de France, ou les skis sur l'épaule, ou encore affublé d'un fez en Egypte. Sa popularité ne fera que croitre au fil des ans, jusqu'à cette reconnaissance ultime en l'an 2000: Bibendum est élu «Meilleure icône de marque de tous les temps» par un jury international composé d'une vingtaine de personnalités issues du monde des arts et de la communication, de l'architecture et du design.

Son histoire continue et ses évolutions graphiques également. En 2017, et pour la 9e fois depuis sa naissance en 1898, le Bibendum évolue encore pour rester fidèle à son éternelle modernité et incarner ce que la marque veut désormais montrer d'elle: un partenaire de tous les jours, discret, prévenant et rassurant.

Couleurs et polychromes précolombiens

4 juillet 2018 9:13   Par Safarilogo
Photo Huaca de la Luna © Enrique Jara

Lorsque l'on fait un voyage en Amérique latine — touristique ou autre — on en arrive forcément à visiter des ruines des anciennes civilisations précolombiennes ayant fleuri sur ce continent. Les civilisations dites «précolombiennes» sont celles qui se sont développées en Amérique centrale et en Amérique du Sud avant l'arrivée de Christophe Colomb en 1492. Les plus connues sont les civilisations maya, inca et aztèque, mais il en existe beaucoup d'autres. La plupart d'entre elles se sont éteintes sans que personne aujourd'hui ne sache vraiment pourquoi. Les dernières ayant existé ont été anéanties au XVIe siècle par les Espagnols venus conquérir les terres du «nouveau monde». Certaines de ces ruines sont vraiment magnifiques à visiter. Elles sont souvent encore entourées ou enfouies dans la jungle, ce qui donne en les visitant un réel parfum d'aventure. Mais ces ruines, aussi belles qu'elles puissent être, restent des ruines. Elles ne nous donnent plus qu'un pâle reflet de ce que ces sites ont été dans le passé. Si les pierres des édifices ayant servi à leur construction sont toujours présentes, les couleurs, les boiseries, les fresques, les peintures, les décorations, tout cela à, la plupart du temps, disparu. Mais… pas toujours.

Certaines découvertes archéologiques contemporaines ont mis à jour des bâtiments dont l'excellent état de préservation permet de se rendre compte des véritables couleurs et décorations d'origine. Comme par exemple le temple Rosalila, sur le site archéologique maya de Copán, au Honduras. Ce bâtiment à deux étages, décoré de magnifiques masques en stuc, a été découvert pratiquement intact par les archéologues en 1989 en creusant un tunnel sous un des édifices principaux du site. Ce temple, inauguré en 571 sous le règne de Jaguar-Lune, le 10e roi de Copán, ne fut pas détruit mais entièrement recouvert et enterré lors de la construction d'une nouvelle structure, juste au-dessus de lui. C'est ce qui contribua à son état de conservation exceptionnel. Une reproduction grandeur nature du temple Rosalila peut être admirée au musée archéologique de Copán Ruinas (photo 1).

La huaca de la Luna est un temple situé au Pérou, près de la ville de Trujillo. Ce temple a la forme d'une pyramide à degrés. Il fut construit par les Moches (prononcez «Motchéz») qui en firent le plus important lieu de culte de leur royaume. La construction de l'édifice démarra autour de l'an 100 apr. J.-C. pour se poursuivre jusqu'aux environs de l'an 700. Chaque fois que la construction du plus haut étage du temple était terminée, après une période d'entre 80 et 100 ans, on élargissait la base et l'on construisait de nouveaux étages, en couvrant complètement la structure précédente. Les degrés de la pyramide s'empilèrent ainsi les uns au-dessus des autres sur une longue période. A la disparition des Moches la pyramide comptait 5 degrés, était haute de 21 m, sur une base de 80 m sur 60. Les archéologues sont aujourd'hui en train de «peler» les étages de la huaca et ont découvert sur les murs de nombreuses et superbes fresques polychromiques pour lesquelles les Moches étaient réputés, avec des motifs représentant le dieu Ai-Apaec et d'autres créatures mythologiques (photo 2).

Signalétiques exotiques

14 mai 2018 13:45   Par Safarilogo

Lorsque l'on voyage, on rencontre souvent des signalétiques déroutantes et drôles, que l'on n'a pas l'habitude de voir en Europe. Que cela soit sur la route, dans les hôtels, dans les restaurants, dans des toilettes publiques ou dans la rue, on peut trouver des signes drôles partout. J'en ai rencontré au cours de mes voyages. En voici donc quelques-uns.

Tous les panneaux et les conventions en matière de signalisation routière ont tendance à se ressembler. Mais on trouve quand même des variations notables d'un pays à l'autre. Par exemple, en Amérique, les panneaux d'avertissement sont en forme de losange et de couleur jaune plutôt que triangulaires en blanc et rouge comme chez nous. Au Guatemala, sur la route qui mène aux célèbres ruines maya de Tikal, se trouve une série de panneaux d'avertissement de passage d'animaux (fig. 1). Ce sont bien sûr des espèces de la faune locale, dont certains que vous n'aimeriez sûrement pas croiser: Dindons ocellés, Coatis à nez blanc, Jaguars et… Serpents!

Un autre signal d'avertissement que je trouve très drôle et celui du panneau de danger Descente dangereuse du Costa Rica (fig. 2). Je vous rassure – et fort heureusement pour les automobilistes – les pentes au Costa Rica ne sont pas aussi inclinées que celles qui sont dessinées sur leurs panneaux!

Le durian est un fruit exotique poussant principalement dans le sud-est de l'Asie, mais on le trouve également dans les iles du Pacifique et en Amérique du Sud. Il se présente comme une grosse baie ovoïde (parfois plus de 40 cm de longueur), pesant jusqu'à 5 kg, avec une carapace de grosses épines. Il est connu pour son goût très particulier et son odeur qui ne peuvent être décrits que par le qualificatif… d'indescriptible! Quelque chose que soit vous adorerez, soit vous détesterez. On peut le sentir loin à la ronde (l'odeur peut même être détectée à plus d'un kilomètre par les animaux!). Malgré sa grande popularité locale, le fruit est interdit dans certains établissements comme les hôtels, les métros et les aéroports, ainsi que les transports publics, comme ici en Malaisie (fig. 3).

Pour finir, un panneau faisant office de mode d'emploi que j'ai souvent rencontré dans les toilettes en Asie, surtout en Thaïlande (fig. 4). Ce panneau s'explique par le fait que les petits coins habituels chez les gens de la campagne sont usuellement «à la turque». Il y a donc eu quelques accidents chez des personnes ne connaissant pas les cuvettes WC modernes avec siège et abattant et tentant de se mettre accroupi une fois grimpé dessus... ce qui est nécessairement une très mauvaise idée et peut être dangereux! D'où cette sympathique petite mise en garde.

La moitié du monde

18 mars 2018 16:20   Par Safarilogo

Lorsque l'on dessine un logotype, il est important de tenir compte des proportions, des alignements, de l'équilibre, du rythme et de l'unité entre les différents éléments. Pour cela, on construit souvent un logo sur une grille (quadrillée, isométrique, ou autre) sur laquelle on trace les lignes de constructions. Cette grille reste bien sûr invisible sur le dessin final du logo.

La terre comporte elle aussi tout un tas de lignes – imaginaires ou réelles – que l'on traverse sans cesse lorsque l'on voyage: longitudes, latitudes, méridiens, parallèles, tropiques, frontières, fuseaux horaires, etc. Je me trouve en ce moment à Quito, en Équateur, à quelques dizaines de kilomètres sous la ligne équatoriale. L'Équateur ne doit pas son nom à un passé chargé d'histoire comme la plupart de ses voisins, mais à ce repère géographique, la ligne équinoxiale qui le traverse. Il existe d'ailleurs un monument appelé Mitad del Mundo («la moitié du monde») situé à 22 km au nord de Quito et qui est l'endroit où Charles-Marie de la Condamine fit ses mesures en 1736, démontrant que se situait ici la ligne équatoriale divisant la planète en deux hémisphères.

L'Équateur possède également d'autres points géographiques particuliers intéressants. Le sommet du volcan Chimborazo, culminant à 6263 m d'altitude, est le point du monde le plus éloigné du centre de la Terre. Vous me direz que c'est faux, que c'est le mont Everest qui est le plus haut sommet du monde. Vous avez raison, mais comme la planète a une forme d'ellipsoïde, le rayon de la Terre est environ 21 km plus important à l'équateur qu'aux pôles. Et comme le mont Chimborazo est proche de l'équateur (plus que les sommets de l'Himalaya), il reste donc le point le plus éloigné mesuré depuis le centre de la Terre. Quito est également la capitale officiellement la plus haute du monde, située à 2850 m au-dessus du niveau de la mer.

Malgré sa petite taille, l'Équateur possède une des diversités naturelle et géographique les plus riches du monde. Le pays peut être divisé en trois régions: la région andine, les provinces côtières du Pacifique et l'orient amazonien. En seulement 200 km à vol de condor vous pouvez grimper depuis la côte jusqu'aux sommets enneigés de plus de 6000 m d'altitude puis redescendre dans la jungle luxuriante du bassin amazonien. L'archipel des Galápagos, situé à 1000 km des côtes de l'Équateur, constitue également l'une des 21 provinces du pays. C'est ici, en 1835, que Charles Darwin étudia la diversité des espèces présentes. Ses observations lui permirent plus tard d'argumenter sa fameuse étude sur l'évolution des espèces et la sélection naturelle.

Evolution du logo Renault à travers le temps

4 février 2018 13:29   Par Safarilogo

Un logo vit, change et évolue au même titre que l'entreprise elle-même. Plus le temps passe, plus cette évolution est visible et peut être observée. A ce titre, plusieurs firmes automobiles ont suffisamment d'âge pour nous offrir quelques exemples intéressants. Peu d'entreprises ont la prétention d'être centenaires, mais parmi celles-ci on retrouve justement celles du monde de l'automobile. Je vous parlerai donc aujourd'hui du logo Renault qui a connu des changements importants au fil des ans.

Le losange n'a pas toujours été le fameux symbole de Renault. Ce sont deux «R» entrelacés à l'intérieur d'un médaillon qui formèrent la toute première effigie de l'entreprise en 1900. En 1906, suite à la victoire de la marque au premier Grand Prix de l'Automobile Club de France, le médaillon est remplacé par un engrenage avec en son centre l'effigie de la Renault victorieuse. En 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale, le logo reprend la silhouette du célèbre char FT17 produit par le constructeur pour les Alliés et sera utilisé pendant deux ans comme blason de la marque.

Ce n'est qu'en 1923 que pour la première fois le nom «Renault» est inscrit en toutes lettres au centre d'une grille ronde. Ce logotype joint l'esthétique au nécessaire: derrière la grille se cache en bout de capot l'avertisseur sonore. La réglementation exigeait en effet que ce dernier soit installé frontalement derrière une grille métallique. Ce logo rond ne tarde pas à prendre des angles, sans doute pour mieux s'adapter aux lignes des capots en forme de dièdre, et c'est en 1925 que l'on voit apparaître pour la première fois le fameux losange qui restera pour la marque le signe de prédilection. En 1946, le jaune apparaît dans le sigle et deviendra la couleur de l'entreprise.

En 1972, Renault fait appel au célèbre peintre et plasticien Victor Vasarely pour épurer graphiquement le losange. Le père de l'art optique, aidé de son fils Yvaral, fit disparaître le nom «Renault» du logo et imagine un losange doté de stries parallèles.

En 1992 l'emblème devient plus simple, plus massif aussi par son relief en trois dimensions, tout en conservant une grande élégance. Cet emblème suggère la qualité et la robustesse des produits. Le nom «Renault» réapparaît également sous le losange. En 2004, la marque redonne un coup de neuf à son identité visuelle en plaçant le losange à l'intérieur d'un carré jaune afin de faire ressortir son relief et sa substance.

Enfin, en 2015, le losange évolue encore pour devenir plus gros, plus travaillé et plus qualitatif. Il sort de son écrin jaune pour être plus libre et plus impactant. La police de caractères est aussi modifiée et épurée pour une meilleure lisibilité.