A propos

Lorsque je ne suis pas en train de sillonner le monde à observer les gens au travail ou dans leurs relations avec les autres, je me terre dans les recoins de mon quartier en quête d'inspiration ou de moi-même. J'aime travailler avec mon esprit, chercher, découvrir, explorer les terres inconnues de ma pensée. Ce qui me plaît dans mon métier c'est d'apporter la touche esthétique à une entreprise ou tout autre projet en formation.

Mon autre passion est le monde du voyage. Après un séjour d'une année en Asie puis d'un autre en Amérique latine, de retour chez moi, je me suis demandé s'il était possible de lier mes deux activités: vivre de mon travail tout en sillonnant la planète. De là naissait le site Safarilogo. En tant que graphiste, j'ai la chance de pouvoir exercer mon métier partout dans le monde, pour autant que je dispose d'un ordinateur et d'une connexion internet. Le site a donc vu le jour l'été 2013, et au début de l'année 2014 j'ai fait mon sac à dos et me suis remis en route.

Je me trouve à
Cotonou, Bénin

 
Début du voyage
Hanoï, Vietnam
1er mars 2014

Mes pérégrinations m'ont poussé depuis lors sur les routes d'Asie pendant presque trois ans, en bus, en train, en bateau, en avion et à pied, avec mon MacBook et mon sac sur le dos, sans me lasser. Puis j'ai dit au revoir à l'Asie pour rejoindre le continent américain que j'ai également parcouru pendant presque 3 ans. Je viens tout juste de poser le pied sur le continent africain pour la première fois et je me trouve en ce moment au Bénin. Mon blog ci-dessous vous propose périodiquement des articles en lien avec le monde du voyage, la création de logo et le design sous toutes leurs formes.



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Passage de frontière II
Amérique du Nord et Amérique centrale

5 mai 2020 13:08   Par Safarilogo

En cette période de pandémie, de nombreux pays ont fermé leur frontière. Le Bénin, pays où je me trouve en ce moment, à lui aussi fermé tous ses points d'entrée avec ses voisins. Je suis condamné à attendre que la situation se débloque. C'est l'occasion de donner suite aujourd'hui à un article que j'avais consacré l'année dernière à mes passages de frontière préférés. Pour ce deuxième article, rendons-nous en Amérique.

C'est en Amérique que l'on trouve la frontière la plus empruntée du monde, celle entre les Etats-Unis et le Mexique. Cette frontière mesure 3150 km, et va de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. Ses 48 postes-frontières totalisent environ 350 millions de passages par an. Elle fait l'objet d'une surveillance importante de la part des Etats-Unis qui cherchent à limiter l'immigration illégale (le nombre d'illégaux vivants aux Etats-Unis serait estimé à plus de 10 millions) ainsi que le trafic de drogue. Sur environ un tiers de sa longueur, elle est aujourd'hui ainsi fermée par un mur fait de cylindres d'acier de 8 mètres de haut. La construction commença en 2006 et aurait limité de 25% l'immigration mexicaine. Cependant, certains trafiquants ingénieux parviennent à franchir la barrière grâce à des tunnels souterrains (il y en aurait plus de 200 selon les experts) ou font passer la marchandise par-dessus le mur à l'aide de canons, de catapultes ou de drones. Les passeurs quant à eux tentent de traverser la frontière à pied en passant par les immenses étendues désertiques de l'Arizona, parfois au prix de leur vie. J'ai franchi cette frontière entre San Diego (Etats-Unis) et Tijuana (Mexique) situés sur la côte pacifique, dans cette magnifique région qu'est la Californie. Avec les 34 guérites que compte le poste-frontière (photo 1), il est le plus grand que j'ai jamais traversé.

Paradoxalement, un des plus petits postes-frontières que j'ai traversés au cours de mon voyage se trouve lui aussi au Mexique, celui de Frontera Corozal. Frontera Corozal est une localité située dans la jungle de Lacandon sur les rives du fleuve Usumacinta. En tant que point de passage de frontière aquatique (il n'y a pas de pont sur la rivière), des pirogues à moteur amènent les gens de l'autre côté du fleuve jusqu'au petit village de La Tecnica, au Guatemala (photo 2). Ce poste frontalier ne voit que rarement passer plus de 100 personnes par jour. J'ai surtout apprécié cet endroit pour la beauté du fleuve, de la forêt tropicale et de la faune que j'ai pu y voir: iguanes, caméléons, crocodiles, singes hurleurs… Ces singes figurent parmi les plus grands d'Amérique, mesurant de 50 à 70 cm. Appelés ainsi pour leur hurlement puissant et très particulier (l'un des dix plus forts parmi tous les animaux de la planète), ils peuvent être entendus jusqu'à cinq kilomètres à la ronde.

Un poste-frontière qui ressemble beaucoup à celui de Frontera Corozal est celui de Leimus. La localité de Leimus se situe de part et d'autre du fleuve Rio Coco servant de frontière naturelle entre le Honduras et le Nicaragua, en plein cœur de la région de La Mosquitia. La Mosquitia est la plus grande zone sauvage d'Amérique centrale. Elle est accessible presque uniquement par voie d'eau et d'air et reste encore en grande partie inexplorée. Elle se compose de mangroves, de lagunes, de rivières, de savanes et de forêts tropicales humides. On appelle parfois la Mosquitia la petite Amazonie d'Amérique centrale. Il faut plusieurs jours de pirogues à moteur et de 4x4 pour la traverser et rejoindre le petit poste-frontière de Leimus, mais cela en vaut la chandelle. Même si j'ai certainement vu moins du 1% de cette région, elle est la plus sauvage et la moins développée que j'ai jamais traversée.

Une plante africaine détectrice de diamants

14 mars 2020 13:15   Par Safarilogo
Photo: © Marco Schmidt

Voilà 6 mois que je voyage en Afrique de l'Ouest. Economiquement parlant, cette région est une des régions les plus pauvres du monde. La majorité des pays qui la compose sont, en dehors de leur capitale, très peu développés. Mais paradoxalement, ces pays possèdent des sols très riches en minéraux tels que l'or et le diamant. C'est d'ailleurs en Sierra Leone que l'on trouve la meilleure qualité de diamant au monde. De nombreux Africains vivent de la vente de diamants. Malheureusement, et malgré les contrôles des sociétés minières et du gouvernement, le principal fléau de ce secteur est la contrebande. Un grand nombre de mineurs illégaux opèrent en dehors des circuits commerciaux officiels et sont souvent forcés de vendre leurs pierres précieuses à des prix artificiels extrêmement bas, car les pierres dont l'origine n'est pas transparente sont interdites sur les marchés internationaux.

Mais si j'ai décidé aujourd'hui de vous parler de diamants, c'est surtout pour vous faire part de la découverte surprenante qu'a fait l'américain Stephen Haggerty en 2013 lorsqu'il se trouvait Libéria. Ce géologue a découvert la spécificité pour le moins étonnante d'une plante de la région, le pandanus candelabrum (que l'on pourrait traduire par «arbre chandelier»), qui aurait l'incroyable vertu de signaler la présence de diamants dans le sol. Cette dernière aurait en effet la particularité de ne pousser qu'au-dessus de cheminées de kimberlite, une roche volcanique dont l'une des propriétés connues est justement de contenir des diamants. Selon le scientifique, cette roche serait le sol idéal pour cette plante qui croîtrait presque uniquement sur ce terrain. D'autres plantes sont déjà connues pour détecter des minerais, comme le lychnis des Alpes qui signale souvent la présence de cuivre, l'amorphe blanchâtre qui indique assurément la présence de plomb (on l'appelle d'ailleurs en anglais «leadplant» qui veut dire «plante à plomb»), ou encore l'astragale de Patterson qui ne pousse que là où le sol contient de l'uranium. Il existe des dizaines d'autres exemples mais le pandanus candelabrum est la première plante connue liée aux zones diamantifères.

Toutefois, avant de partir à la recherche d'arbres chandeliers dans votre jardin, vous devez savoir que la plante indicatrice ne pousse qu'en Afrique, et d'ailleurs seulement dans les zones tropicales humides du centre du continent. De plus, même si le chandelier indique assurément la présence de kimberlite (car il ne pousse jamais dans d'autres types de sol), il faut savoir que sur 6000 zones à kimberlite, environ 600 contiennent des diamants, et seulement 60 sont suffisamment riches en gemmes de qualité pour justifier l'ouverture d'une mine. Quoi qu'il en soit, ce drôle de petit palmier pourrait bien à l'avenir être à l'origine de quelques vocations de chasseurs de diamants. Si vous souhaitez en savoir plus sur la recherche de diamants et la prospection en général, je vous invite à lire le blog Wild River Diamonds où vous trouverez plein d'infos et d'astuces sur le sujet.

Divina proportione

17 janvier 2020 20:35   Par Safarilogo

La conception d'une police de caractères reste l'une des tâches les plus difficiles du domaine des arts graphique. Le dessin de chaque lettre (appelé glyphe) nécessite beaucoup de travail et d'adaptation afin qu'au final chaque glyphe dessiné soit graphiquement en harmonie avec les autres, quel que soit l'ordre ou la séquence. Depuis très longtemps, des artistes issus de tous les domaines ont marqué de leur sceau l'histoire des caractères, même les plus grands génies comme Luca Pacioli et Léonard de Vinci.

Luca Bartolomes Pacioli, dit Luca di Borgo, est un moine franciscain né en 1445 dans la région d'Assise, en Italie. Il est connu notamment pour avoir écrit le livre «De divina proportione» (De la proportion divine). Ce livre fut illustré par son ami Léonard de Vinci. Son sujet principal est la proportion mathématique (le titre renvoie au nombre d'or) et son application en géométrie, dans les arts et en architecture, mais il comprend également le résultat des recherches de Pacioli sur l'équilibre et l'harmonie dans les formes des lettres de l'alphabet. Le dessin de ces lettres est basé sur la proportion 1:9, un système lié au corps humain dont la hauteur correspond à 9 fois la taille de la tête. Pacioli consacre 22 planches au sujet, incluant les glyphes de A à Y. Les lettres J, U, W et Z manquent car ces lettres n'étaient pas utilisées dans l'alphabet de l'époque, elles ne sont apparues que beaucoup plus tard. Vous trouverez ci-contre une reproduction des très beaux caractères de Pacioli incluant le tracé des traits de construction d'origine.